Interrail en Europe

Une semaine, une billet Interrail, 3 trains couchette parfois capricieux, 4 villes européennes, dont la triade des Habsbourg avec Hambourg en préambule parce que « il y’en a un peu plus, je vous le mets quand-même ? », voilà le programme de ces vacances de février pendant lesquelles ont aura eu l’impression de faire autant de kilomètres à pied qu’en train !

Le périple commence par un après-midi dans Bâle à l’aube de la semaine de carnaval avant de prendre le train couchette et de se réveiller à Hambourg. Très belle visite de Bâle et sa vieille ville, repas multiculturel au food court du Markthalle de Bâle avec ses spécialités du monde entier avant de rejoindre la gare, notre train et c’est partiiiiii !


Hambourg

La différence thermique par rapport à la vielle à Bâle où il commençait à y avoir un air de printemps timide est brutale quand on arrive à Hambourg sous la neige. Et c’est pas des timides flocons, non non non, y’a bel et bien une dizaine de centimètres au sol, et il neige sans discontinuer toute la journée. À quoi on s’attendait aussi, on est presque 1’000km plus au nord à la mi-février, les Spritz en terrasse sont encore loin !

Première étape après avoir posé nos sacs aux consignes de la gare, évidemment, Frühstück, ja genau ! On avait repéré un petit café très cool, Planten Coffee, et on se pose donc au chaud le temps d’un café-croissant avant de partir braver la neige pour visiter la ville; avec pour objectif initial une friperie afin de me trouver une écharpe et des gants, car comme un grand garçon, je suis parti fleur au fusil sans anticiper le blizzard…

La journée de visite a été rythmée assez naturellement avec une alternance entre les différents quartiers de la ville, son architecture très… germanique du nord (sans blague), et se réchauffer dans des cafés et des restos, mais c’est vraiment une ville très chouette à explorer ! La zone portuaire où se trouve l’Elbphilharmonie vaut le détour, ne serait-ce que pour la visite du bâtiment et le panorama qu’il offre depuis ses terrasses. On a aussi un sentiment très vivant dans les quartiers autour de Sternschanze qui doivent fourmiller de vie et de biergarten pendant les beaux jours (si, si, les 34 jours entre fin juillet et début août !)

Mais tout ça n’est que le début de l’aventure ferroviaire ! Retour à la gare en fin d’après-midi et on joue la carte de la pitié pour réussir à squatter le lounge de Deutsche Bahn en attendant notre train de nuit qui nous amènera à Vienne demain matin. Plot twist, ça va être une grosse aventure. Qui mérite son propre chapitre tout en bas de cet article (si ça c’est pas du teaser pute-à-clic ?)


Vienne

Arrivée à Vienne près une nuit sans encombre (si vous saisissez l’ironie, à nouveau, le détail se trouve tout en bas de la page) et check-in à l’Hotel Stefanie (le plus vieil hôtel de Vienne ouvert en 1600 pour les 50 ans de Michel Drucker) et surtout ENFIN une douche bien méritée ! On retrouve ensuite une amie Viennoise que Mélanie a rencontrée en voyage à l’autre bout du monde et elle nous amène manger au Schöne Perle, un resto-cantine quelques pâtés de maison plus loin. Wienerschnitzel de la taille d’une oreille d’éléphant pour moi, et Goulasch végé pour Mélanie accompagné de dumplings aux fromage et aux herbes en entrée, spécialité méconnue du bled.

La météo est ensoleillée, ça nous change de la veille à Hambourg, du coup on déambule dans le centre-ville tout l’après-midi, on s’arrête aussi de temps en temps pour des spécialités obligatoires type Kaiserschmarrn, café viennois etc, mais vu la nuit de la veille, on ne fait pas long feu avant de rentrer nos vieux os à l’hôtel pour une nuit dans une chambre qui a le mérite de ne pas bouger, ni de demander de « umsteigen » au milieu de la nuit.

Le lendemain matin, rebelotte les visites, direction le Palais de Schönbrunn entre autres, un petit peu de shopping, le parc du Belvédère, puis vient le moment d’aller récupérer nos sacs à la réception de l’hôtel, direction la gare pour notre court trajet qui nous amène en 1h et des brouettes à Bratislava pour la suite de notre périple ! Heureusement cette fois ci, on se dit que ça ne pourrait jamais être pire que le trajet en train précédent… Vous la voyez venir gros comme une maison l’anticipation là, hein ?


Bratislava

Départ de Vienne au soleil couchant et arrivée à Bratislava vers 18h30 autour de l’heure de pointe à la gare centrale de Bratislava Hlavná, on est un peu pris dans la cohue et on a nos gros sacs à dos de voyage dans la foule donc pas hyper à l’aise. Emportés par la foule (coucou Edith), on s’engouffre dans le passage sous-voie et juste au pied des escaliers qui montent vers la sortie, on voit 4 ou 5 policiers immobiles en cercle comme s’ils surveillaient les alentours mais sans empêcher la foule de se faufiler autour, comme une rivière d’humains qui contourne un rocher. En arrivant à leur hauteur, toujours encombrés de nos sacs et mal à l’aise dans la foule, on constate un peu stupéfaits qu’au milieu de cette ronde de policier (hyper nulle la ronde d’ailleurs, ils dansent même pas), hé bien en fait il y a une personne sous un drap blanc… Welcome to Bratislava hein ! C’est donc tout abasourdis qu’on débouche de la gare, on marche une petite dizaine de minute jusqu’à notre hébergement et comme il est encore assez tôt, et qu’on a mangé dans le train les très fameuses tartines de Trzesniewski (ça se prononce pareil), on profite pour se rendre dans la vieille ville dans un petit bar caché que j’avais repéré en amont: Michalska Cocktail Room. Il faut entrer dans un resto, monter les escaliers direction les WC et entrer par la porte camouflée dans l’armoire pour trouver ce speakeasy assez improbable. Les cocktails sont excellents, et on rentre tout heureux se coucher !

On se réveille pour changer, sous la neige qui tombe depuis le milieu de la nuit, mais il en faut plus pour nous détourner de notre objectif touristique du free walking tour de la ville ! Direction tout d’abord Street Good pour le petit déjeuner très sain avec bol de fruit, baies d’açai, granola maison, et sur le menu - faisant autant contraste qu’un parisien dans une discussion en anglais - un grilled cheese sandwich au kimchi ! Forcément mon choix se porte là-dessus, et je comprends bien vite que la manoeuvre est très futée pour rassasier également les amoureux aimants qui accompagnent leur amoureuse dans un lieu très instagrammable 😉, Il n’empêche que c’est très bon, et qu’on est calés pour aller affronter les frimas de la neige pour les 2h30 de visite à pied qui nous attendent.

Et franchement, même sous la neige, Bratislava est une très belle ville à visiter, on arpente la vieille ville et les décennies très chargées d’histoires de conquêtes austro-hongroises, des affres des deux guerres mondiales puis du communisme, pour terminer au sommet de la colline où se perche le château, très heureux, mais frigorifiés. Direction le restaurant Flagship pour les spécialité locales de bryndzové halušky et de strapačky (en gros, gnocchis au fromage de chèvre, et gnocchis au lardons et choucroute, c’est pas le pays de la salade, mais c’est délicieux et ça tient au corps pour l’hiver, c’est parfait) ! On termine les balades de l’après-midi par l’église bleue de Bratislava avant de retourner à nouveau chercher nos sacs, se rendre à la gare (d’où le malheureux sous son drap blanc avait quand-même été évacué), et de prendre le train pour Budapest à travers les champs slovaques et hongrois dans lesquels on a pu voir une quantité incroyable de biches, de lièvres et autres bestiaux en tout genre jusqu’à ce qu’il fasse trop nuit pour voir dehors.


Budapest

Pluie. Décidément, on aura tout eu, mais l’arrivée en Hongrie sous le déluge et la vingtaine de minutes pour nous rendre à l’hébergement sont un peu dures. On sent qu’on a beaucoup marché tous les jours cette dernière semaine et la fatigue pèse un peu. Mais pour autant, on pose nos sacs, petit coup de frais sur la frimousse et on sort manger avant d’aller rejoindre Morphée (rien d’exceptionnel ce soir, il nous fallait du chaud et pas loin sous la pluie).

Heureusement, le lendemain il fait beau, et on a la journée entière pour visiter tranquillement car comble du luxe, on a 2 nuits prévues à Budapest ! Plus l’habitude après cette vie de nomade ! Moi exagérer ? Jamais !

Donc la journée commence avec un petit déjeuner chez Aran Bakery, très bon café de spécialité et une sorte de millefeuilles au pavot, noix et pomme qui aura mérité qu’on revienne ici en fin de matinée pour en ramener avec nous en Suisse. Mes missions culinaires sont bien établies, je dois impérativement ramener du salami hongrois, du paprika, et surtout du mákos rétes és diós rétes (aka respectivement des roulés au pavot et aux noix). Donc on se balade dans la ville direction les halles du marché couvert, où je fais le plein de salami et d’épices, mais les confiseries, impossibles à trouver ! Il aura fallu jusqu’au lendemain, dans la dernière boulangerie qu’on tentait, Sommer Cukrászda, en désespoir de cause pour trouver ces trésor et faire une razzia complète !

Entre l’architecture Art Nouveau des halles, le Pont des Chaînes et le contraste frappant avec le bastion des pécheurs ou les hôtels défraîchis du Gellért, Budapest me surprend aussi par la diversité et la richesse du patrimoine. Évidemment une corde sensible résonne en marchant dans ces rues et je pense à Tipa, c’est obligé, mais il y a véritablement quelque chose de vibrant dans cette ville ! On termine la première journée par les bains thermaux de Rudas avant de rentrer en faisant un crochet par le Ruins Bar un peu surchargé de gens ivres genre enterrement de vie de garçon, mais on se marre bien, et on rentre ensuite sagement chez nous.

Le lendemain matin, une fois n’est pas coutume, on avait de nouveau prévu un free walking tour auquel on se rend donc au pied de la Basilique St-Ivan après un très très chouette brunch au Salt x Cause bakery. À nouveau, alors qu’on arpente les rues de quelques quartiers, notre guide nous distille des anecdotes personnelles et des informations historiques sur l’histoire de Budapest, de sa fondation par les tribus Huns entre les deux rives Buda et Pest qui ont été unifiées, à nos jours, avec tous les tumultes évidemment liés à la seconde guerre, au communisme et à la géopolitique moderne. Très frappant notamment quand on arrive sur les rives du Danube vers le mémorial à la Shoah. L’histoire des rafles qu’on nous raconte est absolument effroyable, et je désespère d’autant plus en voyant juste à côté, les influenceuses qui prennent la pose duck-face oblige avec ces « si mignonnes sculptures de chaussures vides »… Un peu comme dans les bains thermaux (oui oui, DANS les bains thermaux) la veille où les gens sont semble-t-il soudés à leur téléphone pour documenter leurs selfies sous tous les angles possibles…

Notre séjour touche à sa fin, on récupère enfin nos sacs et tous les trésors culinaires qu’on ramène, on se dirige vers la gare de Keleti et on fait une dernière étape dans un restaurant de spécialités juives à deux pas de la gare. Là je suis vraiment en terrain connu avec ce qui se passe dans l’assiette ! Ça me rappelle vraiment des plats et des saveurs des repas de famille ! C’est donc avec le plein bien fait pour nos estomacs, nos yeux et nos pellicules photo qu’on se dirige enfin vers notre dernier train de nuit qui nous ramènera à Zurich pendant la nuit. Un peu moins moderne et confortable qu’au début du voyage, mais la perspective que la prochaine nuit sera dans notre lit bien douillet nous porte jusqu’à Vevey !

Et voilà donc la fin de ce périple de 7 jours au travers de 4 villes européennes aussi différentes que riches. Comme tous les voyages, c’était bourré d’aventures et de belles découvertes ! Petit coup de coeur personnel pour la vieille ville de Bratislava, et pour le panorama depuis le Bastion des Pécheurs à Budapest ! Prochaines escales, sûrement dans un climat plus chaud !


Le train de nuit Hambourg – Vienne, 

ou le déclin de l’âge d’or ferroviaire allemand.

Contexte: Deutsche Bahn sont pas réputés pour leur ponctualité c’est connu de tout le monde. 

Ces lignes ont été écrites pendant que l'aventure se déroulait et n'ont pas été reprises.

Rappel des épisodes précédents: Partis la veille de Vevey avec une brève escale à Bâle, on a passé la journée dans le froid et sous la neige à visiter Hambourg et on attend avec impatience d’arrive à Vienne et de poser nos sacs pour une nuit à l’hôtel, bien connu pour être notamment équipé d’une douche parce que depuis la veille, on a beaucoup bougé, et peu lavé.

Notre train couchette pour Hamburg-Vienne est prévu à 20:10, on arrive sur le quai et il est annoncé avec 15’ de retard, mais oklm on attend, de fil en aiguille le retard s’allonge à 30min puis 55min puis 90min pour finir avec une arrivée en gare avec 2h de retard et un départ qui se fait finalement à 22:55 au lieu de 20:10

On est un peu sur les rotules, mais surtout soulagés d’avoir chopé le train et pas devoir jongler dans les plans B-C-D aka nuit d’hôtel à Hamburg puis avion pour Vienne vu qu’on a le reste du séjour encore tout planifié etc

On monte donc dans le train,on trouve nos couchettes, une des 2 capsules individuelles est déjà occupée. Alors qu’on s’apprête à tout defoncer, le chef de train vient nous contrôler, inspecte le billet, oui Hamburg-Wien 20h10, oui, le 17 février… aka demain…

Descente d’organes, mais on fait appel à la pitié du chef de train, qui nous demande d’où on vient où on va après etc. Il connaît Vevey, il vient de Bratislava, et il nous prend à la bonne et nous met dans 2 capsules vides sans qu’on ait besoin de payer de supplément 😬

Plot twist, c’était juste l’échauffement. Confusion générale a 2h du matin, le train s’arrête et les lumières s’allument. Annonces au haut-parleur que tout le monde doit quitter le NightJet ici à Göttingen (pas clair de pourquoi) et prendre le train qui se trouve en quai 7. On monte donc dans le train qui aurait dû quitter cette gare à 1h12, mais qui est resté ici apparemment pour un problème d’urgence médicale à bord, et qui se rajoute du coup un arrêt imprévu à la gare suivante de Kassel-Wilhelms. C’est un genre d’Intercity sans couchettes évidemment, qui arrivera à Munich à 6h09 (6h40 en vrai, vu le protocolaire retard Deutsche Bahn). Et de Munich on change pour un autre Intercity qui devrait arriver à Wien Hbf à 11:32 (au lieu de 09:48 avec le nightJet, mais au lieu du lendemain si on en croit nos billets). Décidément ce train ne voulait pas de nous 🤷‍♂️