« The Land of Maybe » Féroé 2018 05-21 Oct. 2018
Photos: Quentin de Lattre

TórshavnC'est parti !

Après 38 heures de traversée de l'Atlantique Nord en Ferry (et des vagues de 8 mètres au large des Iles Shetland), on arrive enfin à 5 heures du matin à Tórshavn, capitale féroïenne, impatients d'explorer l'archipel !

Bien vite, les aventures passées sur le bateau s’estompent. Loin, la soirée dans le jacuzzi sur le 8ème pont à l’arrière du ferry à déguster de l’aquavit en observant les lumières des côtes norvégiennes. Mais le bateau ne relâche pas si facilement son étreinte et Matthias et moi découvrons le « tangage fantôme »: des attaques soudaines comme si le sol bougeait qui nous prennent occasionnellement. Logiquement donc, alors que certains de nos pas tombent à côté de leur cible, on décide de faire une balade proche des falaises escarpées de Bøsdalafossur. On récupère la voiture de location et roulez jeunesse !

Tórshavn n’a pas fini de nous voir. Dans le quartier historique, dans des maisons typiques (petites, en bois noir, toit recouvert d’herbe) on découvre notamment le bar Mikkeller et Aarstova, un restaurant dans lequel on réserve pour le soir même. À notre grande surprise, la serveuse qui s’occupe de nous est franco-féroïenne et elle nous parle plus en détails de son pays (les Iles Féroé, donc, la France, on connaît) tout au long du repas. On goûte le plat signature du restaurant : une épaule d'agneau cuite dans la bière pendant 12h, servie avec sauce et jus de cuisson. La viande est fondante, et nous, on est aux anges !

En chemin pour se rendre de Tórshavn à Vágar, on prend enfin la mesure des distances étonnamment courtes et de la folie des routes féroïennes, sinueuses, peuplées de moutons ou d'oies, et de leurs tunnels sous-marins pour relier les différentes îles. Sans parler des tunnels sans lumières avec une seule voie, mais circulantes dans les 2 sens (avec des places d'évitement espacées régulièrement, mais flippant néanmoins).

Les Iles Féroé c'est 50'000 habitants… et 75'000 moutons
Première leçon de météo féoïenne, même si c'est pour sortir 15min, prévoir des habits de pluie
Principale ressource économique du pays, l'élevage de saumon dans ces "enclos" circulaires qui peuplent les fjords

BøsdalafossurLe lac sur l'Atlantique

La première ballade qu’on fait est probablement une des plus emblématiques des Féroé, entre Trælanípa et Bøsdalafossur, la « Falaise des Esclaves » et la cascade où le lac Sørvágsvatn se jette dans l’Océan Atlantique. La « Falaise des Esclaves » tient son nom de l’histoire selon laquelle c’est l’endroit d’où les Vikings jetaient leurs esclaves lorsqu’ils n’étaient plus capables de travailler. On n'a pas de précision s'ils pratiquaient le tri sélectif des déchets, mais on suppose que oui. Pour s’y rendre, le chemin est tranquille à flanc de coteau faisant le contour du lac, on y croise évidemment des moutons et on arrive enfin au bord de la falaise. Le vent est soudain violent, on n’est plus protégés par le relief, et le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds est vertigineux ! Là où le lac fait un coude, la falaise mesure ~150m et se prolonge jusqu’à atteindre près de 300m de chute abrupte en cas de faux pas !

Matthias est sur la photo ci-dessus, en train de marcher sur les rochers près de la cascade. Difficile de se rendre compte de la taille de tous les paysages. La falaise là, fait une cinquantaine de mètres

On est également époustouflés par la couleur de l’eau. La mer est noire d’encre au large et se change en bleu électrique lorsque les vagues se fracassent contre les rochers. Elles se fracassent littéralement. On est malmenés par la puissance du vent et on entend le grondement des vagues quand elles s’engouffrent violemment dans les falaises. Leur souffle rugit avant qu’on soit éclaboussés par l’écume portée par le vent. Pas étonnant que les Vikings aient eu pour habitude ici pour y jeter leurs esclaves, il fait pas bon dégringoler ici.

NykurMéfie-toi de l'eau qui dort

Étape suivante du voyage, direction Gásadalur, mais en chemin, on croise Nykur, créature légendaire du folklore scandinave. Bête mythologique, Nykur est un monstre aquatique qui se manifeste sous la forme d’un cheval lorsqu’il s’approche des berges. Quand il fait surface, Nykur reste au bord de l’eau, paisible à l’affut de ses victimes insouciantes. Il use de sa beauté pour amadouer les passants, les incitant à le caresser ou le chevaucher. Mais aussitôt que quelqu’un le touche, il devient captif de l’emprise de Nykur qui, après une grande ruade, se précipite vers le fond du lac pour noyer sa victime.

La légende féroïenne raconte que deux jeunes enfants âgés de 3 et 7 ans jouaient sur les rives du lac lorsque Nykur s’est manifesté. L’aîné des deux, Niklas, immédiatement séduit, s’approche du cheval et se fait prendre: impossible de retirer sa main. Le cheval commence sa terrible embardée sous le regard tétanisé du plus jeune des frères. Alors que le cheval s’éloigne vers les eaux plus profondes, le jeune frère hurle alors le nom de son aîné à pleins poumons mais comme il est encore jeune, il balbutie et crie « Nikur ! » au lieu de « Niklas ! ». Ce qui a comme effet de rompre le maléfice de la créature qui relâche son emprise sur Niklas. Ce dernier rejoint la berge alors que le cheval se retire vers le fond du lac, jusqu’à sa prochaine victime.

Nykur sur les berges de Sørvágsvatn
Les maisons typiques féroïennes, le toit en herbe permet une meilleure isolation et résiste très bien aux forts vents
L'arche et le pilier de Drangarnir qui séparent l'île principale Vágar et Tindhólmur

GásadalurLes plus isolés

Gásadalur, est historiquement un des villages les plus isolés des Iles Féroé, situé à l’est de l'Île de Vàgar, il siège dans une cuvette, bien entouré de montagnes et surplombe l’Atlantique Nord à une cinquantaine de mètres de la surface de l’eau. Au nord, Árnafjall culmine à 722m et à l’est, Eysturtindur grimpe à 715m ce qui donne à ce village l’allure paisible d’un hameau gardé par le relief. Les montagnes d’un côté et une falaise de 50m expliquent facilement l’isolement total de ce village.

En 1940, pendant l’occupation anglaise du pays lors de la Seconde Guerre Mondiale, un escalier équipé d’un treuil a été construit pour rejoindre l’océan en contrebas. Il s’est complètement effondré depuis par manque d’entretien. Ici donc, impossible d’accéder à l’océan et les pêcheurs du village gardent leurs bateaux au mouillage à Bøur, le village le plus proche.

Pour y accéder, à l’époque, il fallait donc parcourir les quelques 6km qui séparent les villages (~400m de dénivelée positive sur le chemin), et c’était le cas pour tout le monde, y compris pour les processions funéraires (pas de cimetière à Gásadalur). Pas étonnant donc que la population du village dégringole; en 2012, le recensement listait 18 habitants… Cependant, en 1983, un héliport est construit, légèrement à l’écart du village (les Féroïens prennent l’hélicoptère comme on prendrait un taxi). En 2004, le tunnel est (enfin!) creusé et le village est relié au réseau routier du reste du pays !

TjørnuvikArc-en-ciel et falaises

Petit crochet venteux au détour de Tjørnuvik où, entre bourrasques de vent, embruns de l’océan et pluie à l’horizontale, on admire, ébahis par l’arc-en-ciel au large, Risin et Kellingin (Le Géant et La Sorcière). L’histoire de ces deux piliers est que deux géants ont été envoyés aux Iles Féroé pour tirer l’archipel vers les côtes islandaises. Le géant se tenait dans l’eau alors que son épouse escaladait la montagne Eiðiskollur dans le but d’attacher toutes les iles ensembles pour pouvoir les tirer au large. Malin ! Vaut mieux faire le trajet en une fois plutôt que de faire 18 allers-retours pour ramasser toutes les îles. En repartant, on raconte que la Sorcière a pris tellement d’élan que le nord d’Eiðiskollur s’est fissuré. Au final, les préparatifs ont pris plus de temps que prévu et, alors que les deux géants s’apprêtaient à retourner vers l’Islande, le soleil s’est levé. Les premières lueurs de l’aube ont donc figé les 2 géants sur place transformés en piliers.

L'avantage aux Féroé, c'est que les relations de voisinage sont simples
Funningsfjørður, son église et… c'est à peu près tout

GjógvDes talus et des criques

Recommandée par tous ceux avec qui on avait parlé, l’étape au village de Gjøgv, qui signifie gorge (prononcer « Checkv », on n’a pas compris non plus), mais c’est effectivement un recoin de Féroé assez immanquable. Les premières mentions du village datent de 1584, mais il semblerait qu’il soit encore plus ancien même. Le village bénéficie d’un des meilleurs ports naturels des Féroé, la gorge qui donne son nom au village.

Pour acheminer le fret depuis les bateaux à quai, on utilise le seul et unique réseau de chemin de fer des Îles Féroé. Exploités par un treuil, les rails qui s’étendent sur de nombreux centimètres entre la rive et le haut de la pente permettent de charrier leur cargo. Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir parcouru à pieds l’intégralité du réseau de voies ferrées d’un pays. Nous, si. Boom.

Un peu raide, et glissant, on s'est les deux étalés par terre
Le chemin de fer féroïen. Bon on voit pas tout, hein, mais c'est long, des rails

Le 22 juin 2005, Mary et Frederik, respectivement Princesse et Prince Danois de la Couronne visitent Gjógv. À cette occasion, deux habitants du village décident de placer un banc à la sortie de la gorge pour admirer le panorama depuis là. Leurs altesses ont bien évidemment déposé leur royal séant sur ce modeste trône qui est depuis immortalisé avec une plaque de bronze inscrite « Mary’s Bench ». À quel point ton village a une activité palpitante pour qu’un des grands points de l’histoire soit l’installation d’un banc ?

Gjógv, son port naturel, et le chemin menant au banc de Mary

ViðareiðiLa fondue contre vents et marées

Un matin où, étonnamment, le soleil brillait, on se motive à aller à Viðareiði pour une ballade au sommet de Villingardsfjall et une fondue en plein-air (oui oui, la moitié-moitié emballée sous vide nous a suivi aux Féroé). On arrive donc dans ce village dont l’établissement est estimé aux alentours de 1350, mais sans certitude. En nous mettant en chemin, on remarque que les tables de pic-nic sont arrimées au sol par la technique bien connue du on-attache-un-monstre-caillou-sous-la-table. On se dit que le vent fait bien son affaire dans le coin.

11:20 - Beau temps. But du jeu. Fondue tout là-haut !
11:35 - Jusqu'ici tout va bien

Arrivés aux trois-quarts de l’ascension, en arrivant dans les pierriers instables, le vent se lève. Puissant. On est pris dans les nuages, notre visibilité réduite à moins de 5m. Je suis complètement désorienté, le vent m’étourdit, mes pas deviennent hésitants et les pierres se délogent sous mes pieds. Finalement, on décide donc bravement d’abandonner la montée et on rebrousse chemin. Dans la descente, on tombe sur un abri naturel formé par des rochers et comme les nuages sont déjà moins denses, on s’arrête finalement pour notre fondue bien méritée !

12:18 - Help.
13:15 - On ne nous empêchera pas de réaliser notre rêve

KlaksvikLa soirée des Selkies

À Klaksvik, deuxième plus grande agglomération des Féroé (5’117 habitants tout de même), on loge dans le AirBnB de Helen et Eivind. Au cours d’une des soirées pendant laquelle Eivind nous a fait goûter de la viande séchée et de la graisse de baleine, on apprend la légende de Selkies, plus précisément de Kópakonan, la femme-phoque.

La croyance populaire raconte que les phoques étaient d’anciens êtres humains qui ont volontairement recherché la mort dans l’océan. Une fois par an, lors de la treizième nuit, ils avaient pour habitude de venir sur la terre ferme, d’enlever leur peau de phoque pour faire la fête et l’amour comme des êtres humains.

Un jeune agriculteur du village de Mikladalur, sur l’île de Kalsoy, se demandant si cette histoire était vraie, s’est installé sur la plage lors de cette fameuse nuit. Il observa et vit les phoques arriver en grand nombre, nageant vers le rivage. Ils grimpèrent sur la plage, se débarrassèrent de leur peau et les posèrent soigneusement sur les rochers. Soulagés de leur peau, ils ressemblaient à des gens normaux. Le jeune garçon aperçut une magnifique fille placer sa peau près de l’endroit où il se cachait et, lorsque la danse commença, il se glissa furtivement et la vola. Les danses et la fête ont duré toute la nuit, mais dès que le soleil s’est levé au-dessus de l’horizon, tous les phoques sont venus récupérer leur peau pour retourner à la mer. La jeune fille était désespérée en ne retrouvant plus sa peau, bien que son odeur flottait toujours dans l’air. L’homme de Mikladalur la retint, mais il ne lui rendit pas sa peau, malgré ses instances désespérées. Elle fut donc obligée de l’accompagner à sa ferme.

Il garda la peau de sa captive avec lui pendant de nombreuses années et ensemble, ils eurent plusieurs enfants. Il devait toutefois toujours s’assurer qu’elle ne retrouvait pas sa peau et fuie. Il la rangea donc dans un coffre dont il était seul à posséder la clé, une clé qu’il gardait toujours attachée à sa ceinture.

Un jour, alors qu’il pêchait en mer avec ses compagnons, il réalisa qu’il avait laissé la clé à la maison. Il a annoncé à ses compagnons:

Aujourd’hui, je vais perdre ma femme.
Il leur a ensuite expliqué ce qu'il avait fait. Les hommes ont rapidement remonté leurs filets et on ramé comme des forcenés pour rejoindre le rivage aussi vite que possible, mais quand ils sont arrivés à la ferme, ils ont trouvé les enfants tous seuls, leur mère était partie. Leur père savait qu’elle n’allait pas revenir car elle avait éteint le feu et rangé tous les couteaux afin que les plus jeunes ne puissent pas se blesser après son départ.

En effet, une fois sur la côte, elle avait revêtu sa peau de phoque et plongé dans l’eau, où un grand phoque, qui l’aimait depuis tant d’années et l’attendait encore. Lorsque ses enfants, ceux qu’elle avait eus avec l’homme de Mikladalur, descendaient sur la plage, un phoque apparaissait et les regardait. Naturellement, les gens croyaient que c’était la mère des enfants. Et ainsi les années passèrent.

Puis un jour, les hommes de Mikladalur eurent l’intention de s’enfoncer dans l’une des cavernes le long de la côte lointaine pour chasser les phoques qui y vivaient. La nuit précédant leur départ, l’épouse du fermier lui apparut en rêve et lui dit que s’il partait à la chasse au phoque dans la caverne, il devrait s’assurer qu’il ne tue pas le grand phoque qui se tenait à l’entrée, c’était son mari. Il ne devrait pas non plus nuire aux deux bébés phoques au fond de la grotte, car ils étaient ses deux jeunes fils et elle a décrit leurs peaux pour qu’il les reconnaisse. Mais le fermier n’a pas tenu compte du message de son rêve. Il a rejoint les autres à la chasse et ils ont tué tous les phoques sur lesquels ils pouvaient mettre la main. De retour à la maison, les prises ont été divisées et le fermier a reçu pour sa part le gros phoque de l’entrée de la caverne et les palmes avant et arrière des deux jeunes phoques.

Le soir, lorsque la tête du gros phoque et les membres des petits furent cuits pour le dîner, il se produisit un grand fracas dans la ferme et la femme-phoque apparut sous la forme d’un troll terrifiant; elle renifla la nourriture dans les assiettes et s’écria la malédiction:

C’est la tête de mon mari avec ses larges narines, la main de Hárek et le pied de Fredrik! Maintenant, il y aura vengeance, vengeance contre les hommes de Mikladalur. Certains mourront en mer et d’autres tomberont du haut des falaises, jusqu’à ce qu’il y ait tant de morts qu’en les joignant main à main, ils puissent encercler l’Île de Kalsoy!

Après avoir prononcé ces mots, elle disparut avec un grand coup de tonnerre et ne fut jamais revue. Mais encore aujourd’hui, hélas, il arrive de temps en temps que des hommes du village de Mikladalur se noient en mer ou tombent du haut d’une falaise; il faut donc craindre que le nombre de victimes ne soit pas encore assez important pour que tous les morts s’unissent main dans la main tout autour de Kalsoy…

Illustration de la légende des Selkies - © Edward Fuglø

SøltuvíkGastronomie et troupeau de moutons

Dernière étape pour clôturer ce récit de voyage, la ballade autour de Sandur. Bianca, la serveuse francophone du restaurant de Tórshavn où on avait mangé le soir de notre arrivée nous avait parlé de la tradition féroïenne liée aux troupeaux de moutons. Comme le bétail paît librement dans les champs tout au long de la belle saison, en automne, il est temps de rassembler les bêtes pour les trier entre éleveurs. C’est un grand rassemblement au cours duquel éleveurs et habitants des villages se réunissent pour courir comme des dératés dans les champs escarpés et accidentés et ainsi guider les troupeaux vers leurs enclos. Bianca nous avait raconté que la veille de notre repas, elle-même y avait pris part sur une île au nord. D’après ses dires, ça s’était super bien passé, tip top bonnard, « On a juste perdu un chien qui est tombé en bas d’une falaise, cette fois. ». Elle l’a dit avec tellement d’aplomb qu’on s’est demandé ce qui devait se passer pour que ça soit qualifié de désastre…

Au cours de notre ballade à Sandur, donc, après un excellent repas dans les champs (Farfalle au saumon fumé féroïen), on a pu assister à ce rassemblement. On a pu effectivement constater que les types cavalent dans les champs comme des furies (les moutons sont agiles et rapides), même aidés par des chiens, ça a l’air excessivement physique ! On était tout de même intrigués par deux solides gaillards qu’on voyait au loin et qui marchaient au pas. En se rapprochant, on a compris qu’ils marchaient à ce rythme parce que chacun portait un mouton mort sur ses épaules…

Aussi beau que ça puisse être, ça peut devenir tout autant violent et impitoyable. En novembre 1895, un bateau à vapeur anglais, le Principia s’est fait prendre dans une méchante tempête qui l’a fracassé contre les rochers. Le bateau a coulé et 28 marins se sont noyés. Un seul a pu survivre en se hissant sur un débris : une des trappes de chargement du bateau. Il a dérivé en mer pendant plus de 14 heures avant de s’échouer à Kirkjobøur, sur une île voisine, à environ 20km de là. La trappe qui a permis sa survie est maintenant utilisée comme plateau de table à Roykstovan dans une vieille ferme du village.